Conseil psychologique et conjugal - en couple et en individuel, pour adultes et adolescents - Oradour sur Vayres, Limoges, st Junien, Périgueux Une aide en communication holistique basée sur la psychologie intégrative, humaniste, transpersonnelle et comportementale
Comprendre - Améliorer - Guérir sa relation à soi,
sa relation à l’autre, sa relation avec les autres

La culpabilisation, une arme redoutable

Lorsque nous nous justifions, c'est qu'un sentiment de culpabilité s'est déclenché en notre fort intérieur. La culpabilité n'arrive jamais sans raison. Il y a des personnes qui sont très douées pour faire en sorte que les autres se sentent coupables à leur place et d'autres qui excellent dans "l'art" de se sentir en faute pour la moindre petite chose 
Bien que nous n'ayons pas toujours conscience d'être en proie au sentiment de culpabilité, notre attitude nous trahit la plupart du temps si bien que les manipulateurs eux ne s'y trompent pas. Non seulement ils savent comment la déclencher à nos dépens, plus encore ils savent détecter chez autrui le moindre signe de faiblesse pour s’engouffrer dans la faille accusant à tort ou à travers sans ménagements. 

Culpabilisation ou mauvaise foi?

    Faire intentionnellement culpabiliser une personne est une posture relationnelle très toxique car il y a dans cette intention une volonté délibérée de faire du tort en déstabilisant. Dit comme cela, ça peut paraître évident et pourtant l’on retrouve de la culpabilisation dans quasiment toutes les relations humaines qui ne respectent pas les préceptes de la communication bienveillante. 

Fort heureusement, dans la plupart des cas, la culpabilisation n’est ni intentionnelle ni consciente. Il s’agit en fait d’une attitude défensive qui permet de projeter sur l’autre le mal-être que l’on ressent à l’idée de ne pas être à la hauteur. C’est bien plus facile de voir les défauts des autres que les siens et c’est bien plus commode de se persuader que si l’autre était différent, les choses iraient mieux. A ce stade, il s’agit plutôt de mauvaise foi que de pure manipulation dans le sens où avant de chercher à manipuler l’autre, l’on se ment à soi-même.


 

Faire culpabiliser c’est manipuler

    Culpabiliser autrui c’est l’intimider, c’est lui faire croire qu’il a commis une faute dont il n’est pas coupable, c’est le rendre vulnérable. C’est aussi faire en sorte qu’il se sente inférieur, médiocre ou inadapté. Qu’on le fasse consciemment ou pas, le résultat est toujours le même pour la personne ciblée : son estime de soi est mise à mal. Cependant, nous ne sommes pas tous prédisposés à nous laisser culpabiliser les yeux fermés sans sourcilier. L’influence qu’un manipulateur a sur nous est intrinsèque à  notre amour-propre, c'est-à-dire au degré d’acceptation inconditionnel que l’on se porte qui de surcroît dépend de la façon dont on a été aimé durant la première partie de la vie. Il n’y a cependant pas de fatalité,  nous pouvons considérablement faire croître notre capital d’amour-propre si nous le désirons vraiment.

Les manipulateurs se servent de la culpabilisation pour se tirer d'affaires ce qui leur permet aussi de rester dans leur zone de confort en ne se remettant pas en question. Ils sont paresseux au changement, orgueilleux, souvent imbus d’eux-même et centrés sur leurs désirs. Ils considèrent que c’est aux autres de se corriger. Ils arrivent à s’en convaincre d’autant plus aisément que pour arriver à leurs fins ils utilisent le levier de la culpabilisation projective : par un subtil tour de passe passe, ils accusent l’autre de ce qu’ils ne reconnaissent pas chez eux. 

Ils excellent dans l’art et la manière d'amener autrui à douter. Ils ne sont pas sûrs d’eux du tout mais ils en ont l’air et en cela réside leur atout majeur. Parce qu'ils sont culottés ils semblent ne douter de rien alors qu’ils ont pourtant une piètre estime d’eux-même. 


C’est pas l'autre, c’est moi

    Inversement, une personne qui a un tempérament à se laisser culpabiliser ne sait pas masquer ses doutes. Elle croit qu’elle doit se justifier dès qu’on la critique ne se rendant pas compte que plus elle s’excuse et plus elle donne l'air de s’accuser (qui s’excuse s’accuse!)  Ainsi faisant malgré elle, elle incite les autres à douter d’elle et plus encore elle encourage les personnes peu scrupuleuses à lui faire porter le chapeau dès qu'il y a un problème. Bref, plus elle cherche à faire bonne impression et plus elle se dénonce comme la coupable idéale parce que quand on a conscience de sa valeur, on n'éprouve pas le besoin d'en convaincre les autres. Quelle aubaine pour le manipulateur qui cherche justement une personne pour projeter sa propre culpabilité, celle qu'il ne sait pas assumer!

La personne culpabilisable croit qu’elle doit convaincre les autres de sa valeur se considérant pour des raisons aussi diverses que variées comme une personne inférieure aux autres. L'avantage, c’est qu’elle est prédisposée à se remettre en question en vue de se corriger et aussi pour évoluer car elle pense que si elle corrige ses défauts, on pourra enfin l’aimer.  Par conséquent, c'est une personne qui peut énormément changer au cours de sa vie si elle parvient à prendre du recul avec ceux qui la manipulent.

Elle souffre grandement des reproches qui lui sont faits et adhère trop facilement à la croyance que les autres ont raison de lui demander de faire plus d’efforts. Elle a également tendance à se mettre en position de sauveur croyant que si elle aide grandement les autres ils lui pardonneront peut-être ce qu’elle ne se pardonne pas elle-même d'être.

Le manque d’amour de soi conduit à se laisser culpabiliser par autrui autant qu'à faire culpabiliser autrui, l’un ne va pas s’en l’autre (même les pires manipulateurs se font manipuler et les victimes manipulent elles aussi ne serait-ce que pour essayer de se protéger). Nous ne sommes pas systématiquement à la même place dans les jeux de pouvoirs. Tantôt, nous nous prenons pour la victime, tantôt, nous nous croyons suffisamment forts pour jouer au sauveur et tantôt nous manipulons (persécuteur) sans nécessairement nous rendre compte de nos incohérences. 

En s'exerçant à écouter la voix de sa conscience plutôt que celle de son ego, l'on parvient progressivement à se responsabiliser sans se culpabiliser ni faire culpabiliser 

 

Les deux couleuvres du manipulateur

    De la culpabilisation à la manipulation il n’y a qu’un pas car persuasions, ruses et malice sont nécessaires pour faire en sorte que l’autre endosse la responsabilité de ce que l’on refuse d’assumer.  Pour rester crédible, il ne faut  rien lâcher et surtout refiler à l’autre ce qui nous encombre tout en lui faisant croire que cela lui appartient.  En somme, c’est un peu comme si vous arriviez à convaincre vos voisins que s’ils ne paient pas vos factures, oui les vôtres, c’est qu’ils ne sont pas les si gentilles personnes qu’ils se disent être.  Ceci est absurde parce que c'est insensé. Et pourtant, dans les relations caractérisées par la manipulation,  l’on peut y observer des aberrations aussi invraisemblables. Le manipulateur arrive à faire avaler d’énormes couleuvres à sa victime et les deux premières couleuvres  qu’il va s’évertuer de lui faire avaler c’est premièrement qu’il est nettement supérieur à sa victime et deuxièmement que sa victime a bien de la chance d’être tombée sur quelqu’un d’aussi indulgent que lui. 

La stratégie fonctionne dès lors qu’inconsciemment, ne serait-ce qu’un petit peu, la victime adhère à ces deux croyances.  A partir de là, elle est grandement fragilisée. Elle ne s’en rend pas compte mais ce qu’il se passe c’est qu’ elle revient à son état psychologique d’enfant blessé, humilié, dénigré ou dévalué. Adulte aussi intelligente soit-elle, elle acquiesce au discours qui lui est proposé parce que, enfant lorsqu'elle était sans défense psychique face à des plus grands qu'elle, elle s’est sentie honteuse et coupable de n’être pas davantage que ce qu’elle était.

Sans la blessure douloureuse de l’enfant privé d’être ce qu’il est, l’adulte est capable d’adopter l’attitude adéquate pour contrer la manipulation. Il ne tombe pas dans le piège de la culpabilisation. Il sait se remettre en question sans se dénigrer. Le manipulateur n’a pas de prise et sans prises, pas d’emprise morale.

 


Notre culpabilité parle de nos peurs profondes

    La peur d’être incompris, rejeté, jugé ou moqué, l’angoisse de perdre une sécurité matérielle ou un confort de vie sont autant de motifs qui nous poussent à nous  sur-adapter. Nous allons redoubler de souplesse dans l’espoir que la relation reste pacifique. C’est comme s’il fallait en faire toujours plus pour mériter la relation. 

Une personne dénuée des peurs citées ci-dessus dirait : “J’ai besoin de sortir faire un tour toute seule cet après-midi alors ne compte pas sur moi de 14 heures à 16 heures”. En revanche, rattrapée par des peurs et des principes, elle se limitera  en se disant  : “après tout ce n’est pas si important, ce serait tellement dommage que mon chéri croit que je l’aime moins ou que je ne pense qu’à moi”. 

Se suradapter relationnellement, c’est s’habituer à croire que nos besoins sont superficiels et secondaires. C’est faire d’un renoncement occasionnel un renoncement pérenne tout en se persuadant que c’est normal. 

Les peurs  que nous refoulons sont intuitivement perçues par les personnes culpabilisantes, elles ont du flair! C’est comme un feu vert leur indiquant qu’elles peuvent y aller. Elles se disent : “tiens, cette personne a peur d’être radine, je peux donc l’accuser d’être radine, je serai crédible”. 

Ce n'est pas parce qu'une personne vous accuse que vous êtes automatiquement coupable. Cela se produit plutôt pour vous montrer que vous vous accusez inconsciemment de cette même chose. 

Il est fondamental de comprendre ce principe. L’arme, nous la donnons nous-même aux autres pour qu’ils la retournent contre nous. Tant que nous ne nous acceptons pas avec nos lacunes nous tendons aux personnes sans scrupules le bâton pour nous faire battre les délestants d’un poids trop lourd à porter, le poids de leur propre culpabilité.


 

Si vous souhaitez approfondir le thème de la culpabilité : 

- La culpabilité, cet obstacle qui empêche d'être soi 

https://www.mathilde-viguier.fr/mes-articles/la-culpabilite-cet-obstacle-qui-empeche-detre-soi 

La culpabilité savoir s'en protéger

https://www.mathilde-viguier.fr/mes-articles/la-culpabilite-savoir-sen-proteger

Retour à la liste des articles du blog