Conseil psychologique et conjugal - en couple et en individuel, pour adultes et adolescents - Oradour sur Vayres, Limoges, st Junien, Périgueux Une aide en communication holistique basée sur la psychologie intégrative, humaniste, transpersonnelle et comportementale
Comprendre - Améliorer - Guérir sa relation à soi,
sa relation à l’autre, sa relation avec les autres

Consulter seul ou à deux?

Une démarche conjugale de qualité impose quelques prérequis de départ. C’est pourquoi avant de vous lancer, je vous invite à vous poser quelques questions qui vous permettront de savoir si la démarche conjointe  vous sera pleinement profitable. 
A deux, en solo ou même les deux, Lisez ce qui suit pour faire votre choix. 

Une condition sine qua non

    Chaque participant doit impérativement venir en consultation avec la volonté sincère de se remettre en question. Contrairement à une croyance communément répandue, c’est une erreur de penser  que la dysharmonie de la relation repose systématiquement sur les deux partenaires à parts égales. Si la responsabilité face à l’échec relationnel est toujours respective elle peut néanmoins être très variable d’un partenaire à l’autre. Et ce d’autant plus qu’il y a souvent (mais pas toujours)  l’un des deux qui est plus enclin que l’autre à la remise en question personnelle.

Force est de reconnaitre qu’il arrive assez couramment que l’un des deux partenaires soit tellement enfermé dans un fonctionnement d’hyper contrôle que celui-ci (celle-ci) soit dans l’incapacité totale ou quasi-totale de se remettre en question. Ce profil n’étant pas franchement enclin et peu habitué à l’introspection  risque par conséquent de se sentir faussement accablé et jugé par la posture thérapeutique qui ne peut faire autrement que de pousser à la réflexion objective. Pressentant que des changements vont devoir être opérés et que cela va demander un certain nombre d’efforts, voire d'inconforts, se prêter à l'exerice n'est pas à la portée de tous. Il n’est pas donné à tout le monde d’être capable  de faire suffisamment preuve d’humilité pour pouvoir admettre que l’on est partiellement responsable de la situation dans laquelle on se retrouve. Ceux (celles) qui  ont l’habitude de se trouver systématiquement des excuses  ne pourront plus le faire face au thérapeute. Et de ce fait, ils mettront tout en œuvre pour mettre la thérapie en échec.

  Forcer la remise en question, est-ce possible ?

    Hélas non. D’une part parce que chacun a son propre libre arbitre donc sa liberté de penser et ensuite parce que ce n’est pas le rôle du thérapeute  que de forcer autrui à évoluer à l’issue de son plein gré.

Aussi, en cela réside la limite de la thérapie conjugale. Cette limite n’est pas des moindres car à ce jour, force est de reconnaître qu’une grande  majorité de la population ne se trouve  pas encore suffisamment mûre pour se regarder en face sans se cacher derrière des masques.

Il n’est franchement pas donné à tout le monde de se responsabiliser au point d’admettre qu’on n’en n’est là ni par hasard ni par fatalité.  Aussi, s’il est nécessaire d’avoir  envie de sauver ce qu’il reste de la relation  pour entreprendre la démarche, cela ne suffira pas. Il va falloir du courage, de la volonté, de la souplesse d’esprit et surtout de la lucidité.

Néanmoins, même lorsque le bénéfice attendu n’y est pas, il y a toujours et sans exception aucune une plus-value dans le fait de consulter puisque, n’ayant pas pour vocation d’être dans une posture de complaisance, le thérapeute pousse les consultants (avec autant de bienveillance que possible)  à prendre conscience de leur posture relationnelle. Ainsi des graines sont semées dans la conscience de chacun et même si ça ne parle pas sur le moment, cela fera son chemin.


Venir seul peut se révéler salvateur

    S’il est bon d’encourager l’autre à participer en lui exposant votre motivation, il n’est en revanche pas préconisé d’utiliser des moyens de pression sous prétexte que c’est pour la bonne cause. De toute façon, lorsque le partenaire ne  se sent pas concerné par la thérapie de couple, c’est assez souvent parce que l’empathie n’y est pas. Face à une souffrance ressentie il ne devrait jamais y avoir la nécessité de se justifier ou de supplier. Si votre conjoint ne voit aucun intérêt à fournir cet effort alors inutile d’insister parce que la thérapie ne fera pas de miracle avec quelqu’un qui vient à contre cœur.

En revanche, il se pourrait que même en venant seul vous appreniez de nombreuses choses sur votre relation fortement  enrichissantes pour vous.    Certes, à ce stade, vous ne pourrez pas compter sur la contribution de votre partenaire mais vous aller obtenir d’autres moyens d’agir tout aussi intéressant pour vous si ce n’est plus


Faire un bilan et redéfinir vos besoins

    Que vous veniez seul ou à deux, la première étape consiste à  faire le point de la situation. S’il est vrai que de se plier ensemble à l’exercice est indéniablement favorable et profitable il n’en reste pas moins que c’est impossible à réaliser lorsque durant la thérapie, au moins l’un des deux protagonistes conjugaux est dans une attitude de fermeture ou bien présent uniquement pour donner le change.  

Parfois il est plus sage de renoncer, non à se donner les moyens de comprendre ce que l'on vit  mais plutôt à cesser de motiver celui qui se complait dans la situation en l’état.  Car je le redis, une personne qui consulte juste pour calmer le jeu n'apporte rien de bon en thérapie, bien au contraire.


Une cause induit systématiquement un même effet. Il convient donc d’identifier la cause génératrice de souffrance pour trouver ce qui demande à être modifié. Il ne s’agit nullement de savoir à qui la faute mais plutôt que chacun puisse prendre conscience de son propre pouvoir à transformer le mal en bien, à remettre de l’harmonie là où il y a du chaos.

En résumé pour se décider

    D’une manière générale, faire la démarche en couple est sans conteste une plus-value pour chacun des partenaires à condition toutefois :

  • Que chacun se sente concerné ou à défaut ressente de la compassion et une saine curiosité vis  à vis  du conjoint souffrant
  • D’avoir sincèrement envie de s’ouvrir à l’autre et de chercher à le comprendre
  • De ne pas venir dans le seul but d’échapper à la séparation
  • De participer activement (ne pas se contenter de venir en spectateur)
  • De s’impliquer et de continuer à œuvrer  relationnellement également en dehors des séances
  • D’accepter de jouer “le jeu” (en sachant bien sûr que cela n’a rien d’un jeu)
  • De s’engager à être le plus honnête possible (cela semble aller de soi mais il y a des situations où ça n’est pas si évident)
  • D’avoir véritablement envie d’avancer, d’évoluer voir de changer
  • De s’ouvrir aux questions posées sans préjugés

Et bien sûr,

  • De s’accorder le droit de poser ses propres  limites dans le respect de soi dès lors que cela ne soit pas un frein à la dynamique introspective qui elle est indispensable pour se comprendre et évoluer.   

Avoir le trac, cest normal :

Vous avez à présent des indices suffisant pour jauger s’il sera pertinent pour vous de “trainer” votre partenaire en thérapie alors qu’il (elle) n’exprime guère d’enthousiasme  (voire pas du tout) à vous suivre dans cette initiative.

Si vous en êtes à vous poser ce type de questions c’est peut-être parce que justement vous avez le sentiment de façon récurrente d’être la locomotive de la relation.  Si tel est le cas, ne répétez pas pour la énième fois cette dynamique. Mieux vaut vous sentir libre dans la démarche et vous l’approprier en solo. Il arrive d’ailleurs assez  fréquemment que le conjoint  décide de lui-même d’y prendre part par la suite étant relativement déconcerté face à votre nouvelle énergie  car, vous allez vous sentir animé d’un souffle nouveau comprenant davantage les tenants et aboutissants de votre vécu.

En revanche, si votre partenaire à le trac de vous suivre en consultation, il peut être pertinent dans ce cas d’insister car cette gêne retombe presque chaque fois d’elle-même durant la séance. Dès lors que chacun éprouve le souhait de réfléchir soit pour aller mieux ensemble soit pour envisager si une séparation serait plus appropriée alors la séance sera constructive. Chacun en ressortira avec un surcroit de lucidité  et la conscience éclairée.


Quelques erreurs à éviter

    Ne faîte pas l’erreur d’attendre que votre partenaire soit prêt pour prendre rdv parce que c’est typiquement le genre d’argument utilisé par ceux (celles) qui savent pertinemment qu’ils ne viendront jamais sauf lorsque vous serez sur le point de faire vos valises.

Il se peut également que votre partenaire soit plus conscient de ses dysfonctionnements qu’il ne le laisse paraître. Auquel cas, on se doute que cela ne le fasse pas rêver de venir se livrer à un professionnel. Tous les arguments seront bons pour vous faire passer l’envie de consulter et cette stratégie pourra aller jusqu’à faire illusion qu’il a soudainement compris de lui-même ce que vous attendez de lui (d’elle). Alors ne vous y trompez-pas et réfléchissez-y à deux fois avant de vous dire que la partie est gagnée. Dans ce contexte, je vous encourage par mesure de précaution à ne pas renoncer à votre projet de consultation et de venir ne serait-ce que pour vous.

Un autre cas de figure : les plus manipulateurs ont tendance à arguer que c’est celui qui va mal (qui est en fait celui qui souffre le plus) qui doit se faire soigner. La réalité est toute autre puisque les personnes les moins sensibles se croient fortes et protégées alors que les personnes les plus sensibles et humaines sont certes beaucoup plus impactées mais en définitive apprennent davantage de leurs erreurs ce qui leur permet d’évoluer et de se consolider.   Alors, à défaut de venir se faire soigner quand l’on sait pertinemment que l’on est plus équilibré que son conjoint, il est tout à fait utile de venir chercher des clés de lecture et des outils pour ne plus se laisser manipuler et reprendre le contrôle de sa vie.


Prendre sa place durant la séance

    Il y a des relations pour lesquelles l’un des partenaires a clairement le lead. Ce sont ceux au tempérament dominateur ou bien tyrannique qui viennent en séance presque les mains dans les poches tant ils sont certains de faire “bonne impression”. Alors si vous êtes le partenaire de l’un de ceux-là, pas de panique, en séance chacun est sur un pied d’égalité et reçoit toute l’attention et la considération qui lui sont dues. Néanmoins, si vous craignez de ne pas être suffisamment entendu et que vous pensez que votre partenaire va encore chercher à vous écraser alors venez seul, au moins pour commencer.

Si à la suite de la séance, vous craignez des représailles du fait d’avoir dit ou révélé des éléments considérés comme compromettants par votre conjoint alors c’est que vous êtes déjà dans une relation dite toxique. Il y a donc vraiment une nécessité soit à vous en extraire soit à réajuster la relation de façon à ce que vous vous n’ayez plus de freins à libérer votre parole. Il n’est pas normal de vivre dans la crainte des réactions de son partenaire même si cela est je trouve trop souvent banalisé. Il  ne faut absolument pas hésiter à me toucher mot de vos  craintes quelles qu’elles soient avant la séance ou durant la séance. Il est peut-être aussi préférable de venir seul si vraiment vous ne vous sentez pas à votre aise pour dire tout ce qu’il vous semble bon d'aborder en présence de votre conjoint.


Les avantages à venir seul

  • Quand l’on n’est pas certain d’être prêt à tout aborder à deux
  • Lorsque l’on a des choses plus personnelles que conjugales à évoquer
  • Lorsque l’on se sent manipulé ou abusé dans sa vie conjugale
  • Si le partenaire ne reconnaît que trop rarement ses torts, s’il est excessivement culpabilisant
  • Quand on  appréhende les réactions de son conjoint
  • Lorsque l’on a besoin de clarifier en solo des éléments d’ordre privés avant d’en parler en couple
  • Lorsque le conjoint trouve des excuses pour repporter

 Les avantages venir à  deux

  • Lorsque les deux partenaires sont prêts l’un comme l’autre à réfléchir sur eux-mêmes
  • Quand chacun  a à cœur de faire évoluer la relation
  • Dès lors que chaque partenaire se sent concerné directement ou indirectement par esprit de compassion
  • Si chacun est capable de faire preuve d’écoute active et de saine curiosité
  • Lorsque chacun est prêt à s'ouvrir et à révéler des aspects de sa vie personnelle pour comprendre ce qui se joue dans le présent