Thérapeute conjugal et coaching sentimental - Le Cellier - Nantes

Identifier la violence

Les violences conjugales d'ordre psychologique et la manipulation : les déjouer grâce à l'assertivité (saine affirmation de soi)


Je vous propose quelques explications sur les différents visages de la violence conjugale. Vous pourrez ainsi vous faire une première idée de ce que vous vivez dans votre relation et mettre des mots sur ce que vous avez identifié. Toute forme de violence, bien qu'elle soit ordinaire n'est pourtant ni normale, ni suffisamment banale pour la relativiser même lorsqu'elle parait bénigne et sans danger.

La violence, quelque soit la forme qu'elle prend montre que l'amour n'arrive pas à circuler librement dans la relation à cause des peurs sous-jacentes de la victime comme celles de son persécuteur. Les manifestations de la violence permettent de mettre en exergue les dysfonctionnements du couple ainsi que les troubles du comportement de l'un, de l'autre ou des deux conjoints.

En thérapie conjugale on entend souvent dire "Il y a une coresponsabilité, c'est toujours 50/50 de tort." Cela est faux. Tout d'abord parce que l'on ne résonne pas en terme de tort. On ne cherche pas de coupables. Ce que nous recherchons ce sont les comportements néfastes et destructeurs afin de les faire disparaître ou de s'en protéger le cas échéant.

Lorsqu'il est question de violence, il y a toujours une tentative d'abus de pouvoir délibérée ou inconsciente, parfois les deux. Bien que l'on parle d'agresseur et de victime, en thérapie le concept de victime est relatif car nous considérons que l'on ne se retrouve pas victime par hasard et qu'il est possible soit de s'affirmer pour se faire respecter soit de poser des limites fermes, soit de renoncer.
 

On ne peut pas considérer que celui qui règle ses comptes par la violence soit  victime au même titre que celui qui la subit contre son gré. Quoi qu'il en soit, ce n'est jamais tout noir ou tout blanc. Chacun réagit et suréagit aux agressions selon son histoire, son caractère et son propre conditionnement faisant de son mieux pour se défendre et se protéger. 

Agresser peut aussi servir à se protéger soi-même quand l’on est convaincu que les autres ne nous respecteront pas. En somme : avoir l'air fort pour ne pas se montrer faible et vulnérable! Dans le couple, chacun à a se remettre en question pour que la violence cesse. Mais souvent l'un des deux préfère le déni à la remise en question et par conséquent refuse de demander de l'aide. Mais si l'un de vous deux a envie de faire évoluer la relation sachez que c'est possible même si votre partenaire ne vous suit pas dans la démarche car face à vos nouvelles aptitudes à vous affirmer il ne pourra plus réagir comme avant et sera contraint de s'adapter à votre nouveau langage.

Comme on dit "Qui ne dit rien consent" alors la première chose à faire pour tenter de faire cesser toutes formes d'agressivité c'est d'apprendre à réagir de la bonne façon qui soit car ne pas réagir à ses agressions c'est  l'encourager à continuer. Néanmoins sachez qu'il y a des formes de violences que l'on ne peut pas faire stopper par la méthode de la saine affirmation de soi (assertivité) notamment dans les cas de violences perverses où il n'y a rien d'autres à envisager que d'apprendre à déjouer les pièges et à s'en protéger ce qui n'a rien d'épanouissant en soit mais qui permet quand même de trouver une forme d'apaisement.

La victime comme l'agresseur ont tout intérêt à acquérir les techniques d'affirmation de soi  afin de se faire respecter et apprendre à respecter leur conjoint. Sans respect mutuel, donc sans bienveillance, il n'y a pas d'amour véritable. 

Il est fréquent que le premier à demander l'aide d'une tierce personne est celui qui se considère le plus victime des deux car il est celui des deux qui est le plus à bout.

Il ne faut pas attendre que le conjoint approuve la démarche. Mieux vaut le mettre devant le fait accompli ou en faisant la démarche sans lui s'il refuse d'y prendre part car l'agresseur ne se remettra jamais en question de son propre chef ou pour faire plaisir. Il le fera uniquement quand il n'aura plus le choix  (peur d'être quitté) sauf s'il souffre lui-même de ses agissements et s'il aspire à devenir meilleur. C'est donc à la victime qu'il revient souvent de faire le premier pas pour faire cesser les violences. Ce qu'elle a tendance à trouver injuste car elle se dit "C'est lui/c'est elle qui me maltraite et c'est moi qui me fait aider. C'est lui/c'est elle qui devrait aller voir un psy!".

Si ce raisonnement est en partie vrai, la victime doit aussi réaliser que si elle se fait maltraiter c'est parce que, d'une certaine manière, elle y consent en étant pas suffisamment assertive (pas assez ferme dans sa capacité à refuser l'agression). Nous pouvons dire que, de façon non délibérée, elle encourage l'agressivité de son partenaire tant qu'elle ne sait pas contraindre celui-ci à la respecter. Si avec les techniques de saine affirmation de soi il  ne la respecte toujours pas il faudra alors envisager de mettre de la distance avec le maltraitant car cela signifie qu'il refuse catégoriquement de se remettre en question.

Etre assertif, c’est apprendre à se faire respecter sachant que ce n’est pas qu’une question de communication. Il convient aussi de faire évoluer ses propres comportements et surtout de savoir identifier les moyens utilisés  pour le/la déstabiliser.

Cela étant dit, chaque membre du couple est d'une manière ou d'autre plus ou moins violent à certains moments sans pour autant être maltraitant ou malveillant. C'est aussi pour cela que l'acquisition de la saine affirmation de soi (assertivité) est indispensable pour sortir de toutes formes de violences conjugales que l'on soit victime ou agresseur.

L'apprentissage de l'assertivité tend à  supprimer les comportements dominant,  les comportements de soumission et les comportements trop stratège (ruse et manipulation) dans la vie affective et dans toutes les relations en général.

Cet apprentissage sert aussi à identifier toutes les formes de violences et permet de les contrecarrer dans le but de se respecter, de se faire respecter et de respecter son conjoint. C'est la condition pour apporter l'harmonie et l'amour dans la relation.

Pour mieux comprendre, voici un résumé des trois grands profils de violences conjugales (non physiques).
 

La violence psychologique (appelée aussi violence morale ou  violence émotionnelle)

Description
La violence psychologique se caractérise par toutes formes de comportements agressifs à caractéristiques dominants pouvant être visibles  (exemple : les insultes) ou cachés (exemple : le mensonge). La violence est souvent intentionnelle mais pas toujours. Nous adoptons tous occasionnellement des attitudes agressives sans chercher délibérément à nuire à autrui. Ce sont nos mauvaises habitudes, nos maladresses, nos actes conditionnés, notre impulsivité, la peur et l'orgueil qui sont en cause. Aussi parce que nous nous sentons vulnérable et que nous croyons qu'il est préférable de se défendre avant d'être attaqué.

 
Pour en savoir plus
Pour arriver à déstabiliser la personne ciblée, l'agresseur adopte diverses attitudes déstabilisantes, des paroles blessantes, et des actes destructeurs. Tant qu'il n'y a pas d'agressions purement physiques, on parle de violences psychologiques ou morales. 
La personne violente vise à prendre de l'ascendance sur autrui par une attitude de contrôle et de comportements de dominations. L'agresseur cherche à placer la personne ciblée en état de peur. C'est toujours par la peur qu'il parvient à prendre une forme de pouvoir. La peur induite dans l'esprit de sa victime permet de fragiliser, voire de détruire le psychisme de son partenaire. Autant dire que dans une relation sentimentale il y a énormément de possibilités pour engendrer de la peur en l'autre : peur d'être rejeté, d'être désaimé, d'être jugé, de manquer d'argent, de ne plus voir ses enfants, etc. 


Les stratégies agressives
Pour ce faire l'agresseur utilise différentes stratégies (énumérées ci-dessous) qui amèneront  son partenaire à éprouver de l'anxiété, de la crainte, du doute, une diminution de la confiance en soi, de la dévalorisation de soi, de la confusion dans le raisonnement et de la confusion dans ses ressentis émotionnels, et aussi des pensées et des émotions négatives (colère, tristesse, doute, découragement). 
Le harcèlement moral et la manipulation sont des formes de violences psychologiques puissantes et sournoises donc plus difficiles à identifiées. La violence morale et psychologique est tellement répandue et tellement banalisée qu'elle est à tort, considérée comme la norme dans le monde moderne. Elle se manifeste de différentes manières :

  • insultes
  • menaces
  • injures
  • critiques et reproches
  • chantage
  • humiliations
  • harcèlement
  • fausses plaisanteries, ironies
  • sabotages
  • dévalorisations
  • dénis
  • mensonges
  • tricheries
  • manipulations
  • jugements
  • stress
  • mauvaise foi
  • condescendances
  • ignorance, absence d'écoute, absence d'empathie
  • menaces
  • dénigrements

La violence peut aussi être silencieuse, sourde et sournoise. C’est le cas lorsqu'il n'y a pas de cris, d'insultes ou de menaces et pourtant elle est bien réelle. D'une certaine manière plus elle est insidieuse, plus elle s'apparente à de la perversité car cela montre que l'individu cherche délibérément à manipuler.


La manipulation 

Description
La manipulation vise à agir sur la volonté ou le libre-arbitre d'autrui. La personne dite manipulatrice fait en sorte que nous nous comportions tel qu'elle le souhaite et qu'en plus nous ayons le sentiment d'agir de notre chef. Elle le fait parce qu'elle croit qu'elle ne parviendra pas à ses fins sans utiliser cette stratégie. La seule chose qui l'intéresse c'est son objectif et le bénéfice qu'elle pourra en retirer. Elle fait croire qu'elle se préoccupe des intérêts d'autrui uniquement pour amener l’autre à agir dans son sens. Elle cherche à toucher la corde sensible de sa victime pour la manipuler à son insu.
 
Les profils
Il existe plusieurs profils identifiés : les dictateurs, les charmeurs, les juges, les protecteurs, les victimes, les dépendants, les philosophes, les sauveurs. Pour vous manipuler, il s'appuie sur  les croyances limitantes telles que :

  • ça ne se fait pas de changer d'avis
  • je dois faire des efforts pour être meilleur (parfait, moins sensible, plus fort, etc.)
  • ça ne se fait pas de refuser de rendre service
  • je dois être plus aimable sinon on ne m'aimera plus
  • si je ne fais pas de mon mieux il me quittera
  • cette personne a été si gentille, je n'ai pas le droit de lui refuser ça
  • elle a tellement souffert, il faut que je sois plus tolérant
  • il a plus de problèmes que moi, je dois être patient et compréhensif
  • je ne peux pas lui refuser ça, ce n'est pas bien

 
Peut-on faire cesser la manipulation ?
Un manipulateur cesse de manipuler uniquement s’il le décide lui-même. Nul n’a le pouvoir de le faire changer. En revanche ce qu’il est possible de faire c’est de contre réagir de façon à ce que ses stratégies tombent à plat.  Il existe des moyens  pour contrer la manipulation (dans une certaine mesure) sans devenir soi-même manipulateur. Il s'agit en autre de développer la saine affirmation de soi (être assertif) de façon à créer une sorte pare-feu psychique. Ce qui signifie défendre ses droits et son identité sans nuire à quiconque.
L'acquisition des comportements  assertifs permet d'éliminer l'agressivité et le besoin de dominer, les attitudes de soumission et de victimisation ainsi que de supprimer la ruse (manipulation) dans toute forme de relation. Ainsi le cercle relationnel négatif disparaît progressivement au profit  d'un cercle relationnel vertueux (respect de chacun, suppression des rapports de force, suppression des jeux de pouvoirs).

Concrètement ça apporte quoi d’être assertif :

  • Se respecter, se faire respecter, respecter les autres
  • Développer l'amour-propre et l'estime de soi pour gagner en assurance avec les autres
  • Identifier ses attitudes saboteuses pour les supprimer
  • Savoir faire face à des comportements passifs agressifs, manipulateurs, dominants et malveillants
  • Communiquer efficacement


La perversion narcissique

Description
Le pervers narcissique est un homme ou une femme souffrant d'un trouble de la personnalité narcissique. La personne perverse narcissique derrière son masque a une image dévalorisante d'elle-même. Pour se valoriser il (le pervers) rabaisse les autres et cherche à saboter leur amour-propre tout en faisant croire qu'il est bien intentionné. Il ressent un besoin exacerbé de se faire admirer pour s'assurer qu'il est supérieur. Il est aussi très égocentrique. Ses besoins passent avant ceux des autres. S'il donne, en dépit des apparences c'est uniquement pour recevoir en retour. Il ne ressent pas de scrupule à faire souffrir bien qu'il fasse croire le contraire à la perfection. Il maîtrise l'art de tromper son monde. De prime abord séduisant et plus sympathique que la plupart des gens, parfois réservé il plait surtout par son coté charmeur et flatteur. Certains sont très charismatiques.
Cependant, un malaise s'installe avec ce genre de personne car la bienveillance n'est qu'illusion pour manipuler et obtenir ce qu'il croit ne pas pouvoir obtenir par lui-même ou en en faisant la simple demande.

Quelques exemples de ce qui caractérise souvent le pervers narcissique (liste non exhaustive) :

  • n'assume pas la conséquence de ses actes, ne se sent jamais responsable ou en tort sauf quand il veut faire croire qu'il se remet en question pour brouiller les pistes
  • communique de façon floue, se contredit, brouille les pistes, se contredit tout en donnant l'illusion que c'est l'autre qui ne comprend rien
  • accorde peu de places aux besoins et émotions d'autrui
  • surjoue ses émotions donnant l'impression qu'il est très sensible mais il ne souffre pas pour les autres (absence d'empathie)
  • recherche le succès et la reconnaissance
  • peut passer rapidement d'une émotion à une autre selon les circonstances et les situations (exemple passe de la colère à la bonne humeur en quelques minutes tout en vous disant que si vous continuez à être fermé c'est que vous ne savez pas gérer vos émotions)
  • ne semble pas conscient du mal qu'il cause. Il faut le lui expliquer comme s'il était un enfant
  • très fort pour influencer et faire changer d'avis
  • très fort pour faire travailler les autres à sa place
  • parvient à faire douter l'autre même une personne à priori sûre d'elle, arrive à déstabiliser
  • fait en sorte que l'autre se comporte comme il le souhaite lui tout en ayant l'impression que le choix est assumé
  • divise et isole, monte les gens les uns contre les autres
  • parait gentil car l'agressivité est cachée derrière des sarcasmes et des sous-entendus
  • charme pour endormir le discernement de sa victime
  • se présente comme une âme sœur
  • fait le contraire de ce qu'il dit
  • moralisateur. On pourrait dire de lui : "faites comme je dis, pas comme je fais!"

Quant à la personne victime du pervers narcissique voici ce qu'elle ressent :

  • se sent dévalorisée, infériorisé en présence du manipulateur
  • se sent perdu, a de plus en plus de mal à comprendre la logique et perd en discernement
  • culpabilise de ne pas réussir à être à la hauteur
  • est épuisé moralement, a de plus en plus des problèmes de santé
  • se sent seule et incomprise
  • se croit parfois elle-même perverse, se sent honteuse de ne plus se contrôler nerveusement
  • n'ose pas parler de sa souffrance car elle a peur qu'on lui dise qu'elle fait une dépression
  • se sent en colère de ne pas se sentir comprise