Thérapeute conjugal et coaching sentimental - Le Cellier - Nantes

Mon enfant se sent tout puissant

Notre société encourage nos enfants à développer un sentiment de toute puissance. La publicité, le cinéma, les séries-télé y contribuent amplement. Les enfants sont au devant de la scène mais pire encore ils sont mis sur un piédestal par les médias qui, tout en n'hésitant pas à dégrader l'image de l'adulte, véhicule auprès des enfants des pseudo- valeurs artificielles dans le but de mieux les séduire.
Ce qui est couramment mis en avant c'est la possession, le paraître et le sentiment de toute puissance. La préoccupation majeure consiste à encourager les individus, quel que soit leur âge à consommer le plus possible. L'idée étant que l'individu s'identifie à certains objets ou à des personnages fictifs ou réels très markétés de façon à susciter deux désirs : le désir d'obtenir et le désir de tout mettre en œuvre pour ressembler à ce qui semble être le modèle de référence.

Si pour un adulte il est difficile de ne pas se laisser piéger, qu'en est-il pour un enfant ? Autant dire que c'est mission impossible. A moins que les parents interviennent et tentent vainement de transmettre à l'enfant d'autres valeurs telles que le partage et le respect.
Mais la tâche est difficile pour les parents car il en ressort que nos enfants croient de plus en plus fermement que la réalité se trouve là où elle n'est pas. Autrement dit, nos bouts de choux en arrivent à croire qu'ils ont des aptitudes et des pouvoirs qu'en réalité, ils ne possèdent pas. Sauf qu'à force de les laisser croire cela, ils finissent par agir comme si tel était le cas, jusqu'à parfois devenir de vrais tyrans.
Les enfants de notre génération sont emmenés sur des mauvaises pistes par les médias mais pas seulement. Nous aussi parents et adultes avons souvent un double discours à leur égard.


Bien souvent, d'un coté nous nous évertuons à leur venter les mérites du courage et de l'altruisme et d'un autre coté nous courons après le dernier objet à la pointe de la technologique. Plus grave encore nous affichons fièrement notre trouvaille comme s'il s'agissait d'un exploit. Il n'est pas surprenant que nos bambins n'y comprennent plus grand chose puisque maman et papa se sentent fort avec leurs objets tout puissants...
L'appétence pour les signes extérieurs de richesse et de valeurs superficielles camoufle pourtant un besoin plus profond de partage et de sécurité chez chacun d'entre-nous. Maladroitement, les enfants quémandent de l'attention dans le but inconscient de renforcer l'estime de soi. Ils ont beaux être capricieux et colériques, ils n'en reste pas moins qu'ils ont un grand besoin d'amour et de reconnaissance. Hélas, notre société alimente la croyance que posséder et être dans le coup, c'est être potentiellement désirable et aimable. Elle oublie de préciser que la volonté et la patience sont aussi de bon aloi.

Par ailleurs, dans les pays développés, tel que le notre, où les droits fondamentaux sont quasiment acquis, on a tendance à oublier les droits les plus élémentaires tels que le respect et l'équité. Pourtant, le bon fonctionnement d'une société dépend de l'équilibre entre les droits et les devoirs de chacun. C'est ce que disait si justement, Pythagore en son temps. C'est encore tellement vrai aujourd'hui. Cette vérité qui constitue le bon fonctionnement d'une société constitue également le fonctionnement idéal de la famille. En quelques décennies, nous sommes passés de l'autoritarisme à la permissivité, faisant fi des devoirs que tout enfant se doit d'appliquer au même titre que les adultes, dans la limites, bien sur, de ses capacités intellectuelles et physiques.
Loin d'être seulement inhibante, l'autorité permet à l'enfant d'apprendre à devenir plus autonome. Lui laisser supposer qu'il n'a que des droits est irresponsable car dans tous les cas où l'enfant à cette impression, on observe que celui-ci développe un caractère tyrannique et égocentrique.


La frustration générée par l'autorité est indispensable. Elle sert à apprendre à trouver en soi la force nécessaire qui aidera, toute sa vie durant, un individu à supporter les aléas de l'existence et à avoir des relations saines avec les autres.
Nous sommes tous d'accord sur la nécessité de poser des limites à nos enfants. Là où nous ne sommes pas tous d'accord, c'est où et quand poser les limites. Nous savons, en effet que les limites protègent l'enfant face à la toute puissance pulsionnelle qui le pousse à vouloir tout avoir, tout devenir, tout posséder dans l'urgence sans savoir attendre et patienter, donc sans parvenir à gérer la frustration imposée.

 

De nos jours dans certaines famille, l'enfant est devenu le personnage central. Quasiment toutes les décisions sont prises en fonction du bien-être des enfants. L'enfant n'ayant pas la capacité à prendre le recul nécessaire, s'engouffre dans la tentative de culpabilisation à l'égard de ses parents, leur reprochant, leur manque de disponibilité ou de générosité. Il manifeste une intolérance à la moindre contrainte et endosse le rôle de victime. Les parents développent une compréhension et une tolérance grandissante qui aboutit à trouver encore plus d'excuses à l'enfant tyrannique, quand bien même son comportement devient inacceptable.
Le message implicite souvent transmit par des parents trop protecteurs confirme à l'enfant le caractère dangereux et hostile du monde extérieur. A vouloir trop se protéger on en oublie les valeurs humaines et les repères moraux indispensables pour vivre en harmonie avec les autres.
On entent des parents déplorer leur sentiment d'être devenus de simples prestataires de services pour leurs enfants. C'est qu'à force, l’enfant en oublie que le monde est là pour lui mais que lui aussi peut et doit contribuer au bien-être du monde auquel il appartient.
L'enfant à besoin qu'on lui enseigne trois choses : le respect de soi, le respect de l'autre et le respect de l'environnement.

 

Un autre facteur intervient. Trop de parents manquant eux-même d'estime de soi, craignent que leur enfant souffre du même mal. C'est ainsi qu'à focaliser sur le besoin d'avoir confiance en soi, il arrive que ces parents-là enseignent surtout à leur enfant à devenir essentiellement centré sur lui au détriment des autres et du monde dans lequel il évolue. Sans s'en apercevoir, ils encouragent l'enfant à être de plus en plus exigeant tout en inhibant son sens de l'empathie.

Beaucoup de parents expliquent qu'ils ne veulent pas reproduire ce qu'ils ont eux-même vécus durant leur enfance. Ils parlent d'un manque d'amour, d'un manque d'écoute , de reconnaissance et/ou d'un excès de sévérité. Ne se sentant pas valorisés, ils ont développés un manque d'estime de soi. Ce désir légitime d'être un parent chaleureux et bienveillant les amène néanmoins à négliger le besoin d'autorité et la nécessité à poser des limites dont les enfants ont besoin pour se structurer et pour être eux-mêmes empathiques et sympathiques.
En fait, il y a souvent une confusion entre autorité et autoritarisme, entre règle de vie et absence d'écoute.


Il est temps de reconsidérer les valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants. Être reconnu et valorisé ; oui. Être admiré ; non. Obtempérer à une consigne ; oui. Ne pas pouvoir exprimer ses opinions ; non. Être compétitif et compétent ; oui. Avoir l'esprit de compétition au détriment des valeurs de partage et de solidarité ; non. Voilà quelques exemples pouvant illustrer les limites que l'ont peut définir.
Ainsi, continuons à respecter l'enfant et les droits de l'enfant si lentement admis et reconnus par la société. Néanmoins, ne perdons jamais de vue que si nous voulons offrir à nos enfants la possibilité de devenir de belles personnes, alors ne basculons pas dans le piège omniprésent qui consiste à leurs accorder uniquement les droits qui leurs reviennent de droit.
Allons plus loin., apprenons leurs aussi à développer le sens du devoir. Il n'en auront pas moins confiance en eux. Bien au contraire et en plus, ils auront cette chance extraordinaire de développer une saine curiosité du monde qui les entoure.

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