Thérapeute conjugal et coaching sentimental - Le Cellier - Nantes

Jardin secret ou secret d'infidélité?

Dans une relation, il est recommandé de se mettre des limites afin de savoir ce que l'on peut s'autoriser ou non à l’extérieur du couple. Beaucoup de personnes ne savent pas trop ce qui peut se faire ou non sans que cela soit considéré comme un acte adultérien.

Dès lors que l'on fait avec quelqu'un d'autre ce que l'on ne ferait pas avec son conjoint on a le devoir de se demander si l'on entre pas déjà dans une forme de relation extra conjugale.

 

Nul besoin de faire l'amour pour tromper l'autre.

En effet, l'adultère qui se définit comme l'expression d'un manque dans le couple ne se résume pas seulement à l'acte sexuel. Prétendre le contraire, serait se mentir pour se donner bonne conscience. Pour autant, faut-il qualifier des actes tels que des intentions de séduction, une complicité avec autrui ou encore des jeux érotiques comme étant une marque d'infidélité ? La question n'est pas si simple.

La question qui revient à se demander ce qui est de l'ordre du jardin secret ou du mensonge par omission se pose d'autant plus que nous vivons à une époque où les liens  virtuels sur le web font partie intégrante de la vie quotidienne. Il suffit, en effet, de quelques clics pour se retrouver à chatter avec une tierce personne, pour se laisser aller à un jeu de séduction ou davantage encore partager des fantasmes jusqu'alors inexplorés au sein du couple. Ces liens amènent à ressentir des émotions fortes. On s'attache très vite et  on se détache encore plus vite.

La fenêtre du web  permet de tisser des liens, de rêver, de se créer un monde à soi.

Cet  espace que l'on ne partage pas avec notre compagnon de vie a d'autant plus l'allure d'un secret dès lors que, ce que l'on s'octroie, nous prend beaucoup de notre temps et de notre attention... Il s'agit, en somme, d'un univers secret garant d'une intimité nécessaire et propice au bien-être personnel. Pourtant, dans ce cas de figure, il y a des cachotteries, mais pas de tromperies au sens propre du terme. Alors adultère ou pas adultère?

Parfois, la routine, l'ennui, le manque de nouveauté peut également conduire à aller chercher ailleurs la sensation d'être pleinement vivant. Sans pour aller jusqu'à  l'infidélité physique, un individu peut donc se retrouver à la frontière de ce qui s'apparente  à de l'infidélité, d'un point de vue moral, affectif et émotionnel. Rattrapé par sa morale, son éducation et ses valeurs cette personne souvent ne franchira pas la frontière de l'acte sexuel et pourtant, le sentiment de culpabilité pointe déjà le bout de son nez.

Mais la question ne s'arrête pas là. Qui ne s'est pas un jour confié à un collègue ou à un proche lors d'une crise conjugale ?

Jusque là rien de problématique, si ce n'est que, de confidences en confidences, le sentiment de confiance, de partage et de complicité se renforce avec la personne à qui l'on se confie. La sensation agréable de se sentir enfin compris et entendu contribue à tisser un lien avec cette personne. C'est alors que, ce qui s'apparente à de l'amitié, évolue progressivement vers une  relation aux allures d'amourette . Il devient difficile d'appuyer sur la pédale de frein. Le passage à l'acte ne sera pas pour autant inéluctable.  Le partenaire restera souvent fidèle mais le secret pèsera de plus en plus lourd sur la conscience.  Surtout lorsqu'une projection de sentiments et de désirs se fait sur cette personne qui, notons-le, ne sera pas toujours bonne conseillère.  Et oui, elle-même souvent émulée par son propre besoin de tester son capital séduction  sera, certes, disponible et bienveillante mais dans quel but : soutenir ou séduire?

Le conjoint, qui ne sait rien de tout cela, néanmoins se sentirait très probablement trahit en apprenant la chose. Un sentiment de trahison qui s'explique par la frustration que la personne aimée partage avec une autre personne quelque chose qui nous échappe.

N'est-il pas légitime de considérer que la personne qui partage notre lit devrait, en toute logique partager avec nous ce qu'elle a de plus intime ?
Si c'est nous qu'elle aime, alors pourquoi chercher ailleurs ce qui, à priori, nous revient de droit.

Nous avons tendance à penser ainsi d'autant plus que dans notre culture, il est de bon ton de croire que la personne qui nous aime se doit d'être totalement limpide avec nous. Si elle nous aime, elle ne doit rien nous cacher, c'est une preuve d'amour que de tout se dire, pensent les amoureux. Et bien, non, c'est surtout un mythe surréaliste.

En fait,  nous avons tous besoin d'avoir un jardin secret, une sphère totalement privée afin de préserver notre individualité. Plus nous avons la sensation d'étouffer dans notre relation, plus nous éprouvons le besoin de développer un univers personnel. Néanmoins, il me semble important de redéfinir la différence entre le jardin secret et le secret. Disons que le jardin secret est un univers qui nous appartient, relatif à la pudeur, à l'intimité des pensées et des émotions. Le jardin secret n'est, par contre, en rien relatif à une activité caché. Par conséquent, avoir un jardin secret est très différent d'avoir des secrets. La frontière est subtile, je vous l'accorde.

Le besoin de vivre des choses hors du couple est légitime et même nécessaire à condition toutefois que les actes soient en accord avec les valeurs que le couple s'est donné.  Ainsi, il n'y a pas de notion d'interdit, de secret, de mensonge par omission  ni de trahison et donc pas de culpabilité.

 

Mais alors que doit-on se dire et que vaut-il mieux taire à l'autre?

Quelles  limites s'imposer et sont-elles réellement applicables au pied de la lettre ? En toute objectivité, je pense que, quasiment, tout le monde peut avoir, un jour ou l'autre, un comportement ambigu ou une discussion équivoque sans pour autant avoir d'intentions cachées. Je dirais par ailleurs que si l'on est clair avec soi-même, toute vérité n'est pas toujours bonne à dire car elle risque d'angoisser l'autre inutilement et de lui polluer l'esprit. Tout dire permet de se sentir plus honnête mais c'est aussi une manière de se décharger en ne gérant pas seul ce qui nous appartient. Quoi qu'il en soit, l'éducation que l'on a reçue et les valeurs de chacun interviennent dans l'estimation de ce que l'on souhaite partager ou non avec l'autre. C'est aussi une question de confiance en soi et en l'autre.

Tout désir appelant à vivre des moments de partage et de complicité avec une autre personne doit interpeller sans pour autant culpabiliser. C'est ce qui permet de vivre ses choix tout en étant lucide et honnête avec soi-même.  L' expérience que l'on souhaite partager  avec autrui, si tentante soi-elle, bien qu'elle ne soit pas purement sexuelle vaut-elle réellement la peine d'être vécue dès lors qu'elle risque de blesser mon (ma) partenaire? Si le renoncement semble trop difficile alors, je serais tentée de dire qu'il est temps de s'interroger sur le sens de notre relation de couple et sur ce qu'elle nous apporte. Notre relation répond-elle suffisamment à nos attentes  ? Est-elle suffisamment riche de complicité et de partage ? Peut-être avons-nous mis un cadre trop serré dans lequel il n'y a pas assez de place pour l'expression de soi. Dans le cas où le renoncement est ressenti comme un sacrifice alors il serait opportun d'approfondir la réflexion. Si l'on a besoin de vivre des expériences fortes avec une tierce personne c'est peut-être que la complicité avec notre partenaire n'est pas suffisante ou au contraire qu'il n'y a pas assez d'espace entre nous. Il se peut aussi que nous ayons encore des blessures à guérir.

Nous pouvons aussi nous interroger sur les limites que nous nous imposons, celles que nous n'osons pas dépasser et qui nous empêchent d'avoir un univers à soi. Est-ce par mimétisme culturel, à cause de nos tabous et de nos peurs, de nos complexes, de la morale...? Mais peut-être que tout simplement, nous considérons que certaines valeurs valent la peine d'être défendues et que cela méritent quelques petits renoncements. Je crois que cette question là, il faut se la poser lorsque l'on s'aventure à l’extérieur du couple ou lorsque l'on commence à se sentir proche de quelqu'un d'autre.

La liberté revient à choisir ce que nous désirons nous accorder et ce à quoi nous préférons renoncer afin d'être en accord avec nous-même, c'est à dire avec nos valeurs profondes et nos convictions. Car être libre ne revient pas à s'affranchir de toutes limites. Cela consiste davantage à définir par soi-même, en toute conscience, le cadre qui nous convient et qui nous sécurise.

Toute la difficulté réside dans le fait de s'ouvrir aux autres avec lucidité. Pour se faire, il est indispensable d'avoir une bonne connaissance de soi afin d'être certain d'être en accord avec soi-même, avec ce qui compte réellement pour soi. Pour cela, il faut s'ouvrir à soi, à qui l'on est vraiment.

A partir de là, non plus dans la frustration, mais dans la joie d'être en harmonie avec soi-même, nous pouvons déterminer ce que nous désirons  aller chercher en dehors du couple. Nous pouvons également déterminer  les renoncements que nous sommes prêts à accepter, sans amertume. Il s'agit alors de faire des choix assumés.  C'est ainsi que l'on  se sent davantage responsable et acteur de sa vie. De plus, nous nous sentons moins vulnérable car le renoncement est compensé par la satisfaction d'être capable de dire non et de s'affirmer avec bien moins de secrets tout en entretenant son jardin secret.

Retour à la liste des articles du blog